HISTOIRE
Le lieu de Mâtel fut habité dès l’époque gallo-romaine ainsi qu’en témoigne une tête en bronze du musée de Roanne. Il est mentionné au XIIIe siècle. Au XVIe siècle, il y avait déjà à Mâtel un manoir qui fut incendié pendant les troubles de la Ligue. Il fut reconstruit sous Henri IV par un sieur Jean Chézard, gentilhomme originaire de Florence et fixé en Roannais. Il eut pour fille la grande mystique française, Jeanne Chézard de Mâtel (1596-1670) fondatrice de l’ordre du Verbe Incarné. Le manoir, encore reconstruit par les Dumas, passa à Antoine Terray de Rosière, frère du redouté abbé Terray, contrôleur général des finances, puis par alliance aux du Myrat et aux du Rosier. Il devint ensuite la propriété de l’abbé Claude Eléonore de Chavagnac qui y construisit une chapelle et le légua, après sa mort en 1811, à son neveu le Comte Camille Marie Alexandre de Chavagnac. Il fut acquis en 1849 par Charles Michel et Mme J.-B. Michel qui le laissèrent à leur nièce, Eugénie Michel. Celle-ci épousa le commandant Poulot qui eut pour enfants Charles Poulot, ingénieur chimiste (1859-1929) et Mme Calemard de Genestoux. Après avoir appartenu de janvier à juillet 1919 à André Citroën, il fut racheté par la famille Calemard de Genestoux. Enfin en août 1941, il acheté avec 40 hectares, par la société France-Rayonne. En 1990 le château fût racheté par des japonais pour y implanter une école de cuisine et de langue : l'école des 3 ponts. Le Château est à présent la résidence principale d'une famille française, Laure et Olivier Bourgeois. Le château a maintenant pour vocation d'être un lieu ouvert, convivial et raffiné. Mariages et séminaires y sont organisés avec en plus une possibilité chambres d'hôtes. Le château de Mâtel renfermait quantité de tableaux et de vieux meubles, dont les principales pièces furent exposées en 1890 à l’Exposition rétrospective forézienne à Roanne. Il y avait notamment des peintures de François Clouet (portrait de Charles IX), de Rigaud, de Van Ostade. Ces objets d’art furent emportés près de Vichy, lors de la vente du château par la famille Calemard de Genestoux. Le château de Mâtel à l’aspect imposant d’une gentilhommière imposant du grand siècle, par sa masse et ses hauts combles. Il comprend un corps de bâtiments flanqué de deux pavillons ainsi que les loges et de nombreuses dépendances . Il porte sur ses deux girouettes la date de sa construction : 1700 ; en haut de la mansarde du milieu, il y a des armoiries, ce sont celles des Dumas de Mâtel, qui étaient propriétaires en 1700, coupées de celles de Jeanne Chézard de Mâtel, parties de celles des Grimaud de Mâtel. Une galerie, au rez de chaussée, sur la façade ouest, fut rajoutée en 1870 : elle est décorée de deux médaillons creux et ronds réalisés par P. Bonnifay, représentant des portraits de Jean-Baptiste Ducarre (1784-1873) - médaillon de droite - , grand-oncle de Mme Jules Poulot, née Eugénie Michel et de Charles Michel (1810-1862) - médaillon de gauche -, oncle de Mme jules Poulot et neveu de J.-B. Ducarre. Charles Michel, collectionneur de tableaux et protecteur des peintres lyonnais fut surnommé l’ami des arts. Ces médaillons sont faits probablement d’après deux bustes de Bonnifay datés de 1841. Intérieurement, il y a de belles pièces spacieuses et un petit salon décoré de boiserie style premier empire, rehaussées d’or. La cheminée porte les initiales de M. et Mme Poulot, qui ont réparé et installé cette pièce : Jules et Eugénie. Le domaine comprend 7 hectares de prairie et 6 hectares de bois. La vue vers l’est sur les prairies qui s’étendent vers la Loire est charmante. Le bois s’étend à l’ouest du Château et est bordé de belles villas d’ingénieurs . Les loges ont été aménagées et abritent des salles de réunion, une grande salle pouvant accueillir plus de 200 personnes.